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Isabelle Sivan
Autrice - Artiste
Récif
Une île Un rocher de silence Un récif à l’aplomb de la mer on le contourne sans trouver de plage pour y accoster Dans le tumulte des flots le balancement d’un navire trop fragile On observe Ce qui vit à l’intérieur Un cœur tendre Une oasis On imagine Avec des mots jetés on croit pouvoir construire un pont C’est ce que l’on croit Qu'il est temps de partir Qu'il faut rejoindre la terre Puisqu’on s’en va Dans l’immensité des êtres à parcourir Comment savoir si on sera ?
La robe noire
Une robe noire en toile de coton, épaisse, râpeuse. D’un noir indécis, délavé par le soleil, les lessives, les frottements, à la pointe des coudes surtout, presque bleue sur les cuisses, là où reposent les mains. Le haut ressemble à une chemise. Une échelle de boutons, tous fermés, grimpe jusqu’au col. Sous la toile, on devine des seins affaissés dont la rondeur se fond avec celle du ventre. À la bordure des poignets, sur les coutures, le tissu est ourlé d’un liseré blanc. On


Etrange endroit
Encre minuscule Etrange endroit, pailles et verres cassés, bouteilles vides, élastomère. Mains en losange, incandescentes fourmis. Etrange endroit derrière l’éclipse d’un soleil mort, un ré éprouvé, cimaise, baiser, tri trompé, cadran de pendule éclaté. Dans les abysses, sans repère, ce sont eux qui avancent sur le gravier, pierre tubes suivis de mammifères rampant et lampion chaotique. Etrange endroit où une armée de soldats trébuche, un rot dans l’immensité du cœur surpris


Une armée de soldats
Encre de Chine sur papier - 14,8 x 21cm - Isabelle Sivan 2025 Une armée de soldats , bringuebalants, dans des armures rouillées , voilà ce qu'ils étaient. Incapables de rire, ni de maudire, ils frappaient des mains, des pieds. On les aurait dit sonnés. Inondés d'un son qui les aurait apprivoisés. Papiers ou papillons, ils avaient renoncé à chercher. Les ailes arrachées, ils répétaient papion ! papion ! Ravis de voir voler dans leur ciel dévasté, un avion plié, dans du papie
Fantôme
Un fantôme est un souvenir qui nous accompagne à notre insu, une note tenue dont la vibration ne faiblit jamais, une pensée entêtante , dissimulée, d’une telle intensité que par-delà le silence, elle finit par franchir l’ intangible , dispersant des traces dans ce que l’on désigne le réel, et apparaître par intermittence dans la vie de ceux, qui sans le savoir, tenus par une main invisible , lui sont restés fidèles.
Nos âmes
il n'y a pas dans ce monde de lieu suffisamment hermétique pour préserver un secret. Nos âmes sont bien trop poreuses pour ne rien laisser filtrer
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